L'état des peuplements pisciaires de la Bourbre en 2011


L'état des peuplements pisciaires de la Bourbre en 2011

La Fédération de Pêche et de Protection des Milieux Aquatiques de l’Isère a mené en juillet 2011 une étude visant à caractériser le peuplement pisciaire de la Bourbre. Aujourd'hui, les données recueillies et leur exploitation nous permettent de juger l’évolution de l’état général des cours d’eau du bassin versant de la Bourbre depuis le début des années 2000.

Cette photographie de l’été 2011 constitue un état de référence correspondant au démarrage de la mise en œuvre du contrat de rivière et de ses nombreuses actions visant à se rapprocher du bon état des masses d’eau. Cette démarche a pour vocation d’être reproduite en 2016 après l’achèvement du contrat afin de pouvoir en apprécier les effets sur la faune piscicole. Les principaux résultats et interprétations de cette étude sont décrits ci-dessous.

 

 

Méthodologie de l’étude

Les 14 stations échantillonnées sont réparties sur la Bourbre et ses 4 principaux affluents. Il s’agit des stations utilisées pour l’inventaire réalisé en 1999-2000 (voir tableau 1 ci-dessous).

Pour l’étude de 2011 :

-      Des enregistrements thermiques par sondes ont été réalisés en continu entre fin mai et octobre 2011 afin de pouvoir apprécier le type écologique auquel se rattache chacune de ces stations ;

-      L’inventaire quantitatif des peuplements pisciaires a été réalisé sur chaque station entre les 21 et 26 juillet ainsi que le 23 septembre 2011, par pêche électrique selon le protocole suivant : 2 passages successifs sans remise à l’eau du poisson entre les 2 passages, avec une à trois anodes utilisées suivant les stations (selon la largeur et la difficulté de pêche).

 

tableau 1 tude pisci

Tableau 1 : liste des stations sur le bassin de la Bourbre

 

 Résultats

 1. Composition du peuplement en 2011

26 espèces de poissons ont été capturées, ce qui représente une variété importante. Pourtant, parmi les espèces que nous devrions retrouver dans ce type de rivières, 4 n’ont pas été repérées : la Lamproie de Planer, la Lotte de rivière, l’Ombre commun et la Vandoise. Par ailleurs, la présence de 2 espèces allochtones d’écrevisses a été confirmée alors que l’espèce locale, l’écrevisse à pattes blanches, est manquante.

La répartition des espèces rencontrées est inégale :

-          seulement 8 espèces sont représentées dans plus de la moitié des stations ;

-          6 espèces ne colonisent qu’une seule station ;

-         à elle seule, la station la plus en aval regroupe 24 des 26 espèces recensées.

6 espèces prédominent, en colonisation spatiale et en effectif : Le Chevesne, la truite Fario, le Blageon, le Chabot, la Loche franche et le Vairon.

 

2. Evolution du peuplement entre 1999 et 2011

Nous constatons la disparition ou la nette régression de 9 espèces dont la Lamproie de Planer, la Vandoise, la truite Fario ou l’épinoche.

En revanche, des améliorations sont notables pour 11 espèces, soit en densité soit en répartition spatiale. C’est le cas pour le Blageon, le Spirlin ou le Chabot. Nous notons par ailleurs l’apparition de 7 nouvelles espèces dont le Hotut, la Bouvière et l’Ablette.

 

Interprétations

Le nombre d’espèces rencontrées doit normalement augmenter d’amont en aval. La chute du nombre d’espèces constatée sur certaines stations (B4 et B7b) témoigne d’une baisse de la qualité du milieu d’accueil.

Différents indicateurs biologiques basés sur la qualité du peuplement pisciaire ont été calculés pour estimer la qualité des stations. En 2011, aucune station ne présente suffisamment de bonnes valeurs des indicateurs pour être classée en « bon état écologique » sur le paramètre « poisson ».

 tableau 2 tude pisci

Figure 1 : Niveaux de qualité des eaux du bassin de la Bourbre obtenus par l'indicateur "poisson"

 

Par rapport à 1999 :

-       trois des quatre stations de la Bourbre aval gagnent une classe de qualité (B7 reste mauvais).

-          sur les stations de la Bourbre amont et des affluents, cinq sont stables et cinq ont perdu une classe de qualité.

 

Conclusions

Analyse globale

La tendance pour la Bourbre est à l’amélioration du paramètre piscicole et notamment grâce aux efforts faits sur la partie aval. En revanche, les affluents commencent à présenter une régression de la qualité des peuplements.

Les causes : Elles sont multiples :

-    Dégradation de la qualité de l’eau : nitrates / substances toxiques ;

-    Altération des cycles thermiques : ombrage insuffisant sur les berges ;

-    Dégradation de la qualité des habitats : cours d’eau canalisés, peu de frayères ;

-    Existence d’obstacles aux déplacements : isolement des peuplements ;

-    Pression et gestion halieutique : peu d’influence sur la Bourbre.

Bien que certaines de ces pressions aient fait l’objet d’efforts de la part des pouvoirs publics pour en réduire les impacts, l’interaction de ces facteurs entre eux empêche une recolonisation massive des espèces les plus sensibles. Le facteur limitant semble être la qualité des habitats qui, à certains endroits, sont inexistants.

 

Il est nécessaire de porter nos efforts sur tous ces facteurs de façon simultanée. Le potentiel d’amélioration est là et il suffirait d’une réduction sensible de chacune de ces pressions pour obtenir des résultats significatifs sur le peuplement pisciaire du bassin de la Bourbre.

Le Contrat de rivière de la Bourbre prévoit des actions qui répondent à cette recommandation. Les actions de restauration physique des cours d’eau permettront :

-          de diversifier les écoulements et les habitats ;

-          de maintenir un niveau d’eau suffisant en période d’étiage ;

-          de restaurer la végétation des berges et donc de réduire l’ensoleillement ;

-          d’augmenter le potentiel d’autoépuration des cours d’eau.

 

Syndicat Mixte d’Aménagement du Bassin de la Bourbre
6 place Albert Thévenon - 38110 La Tour-du-Pin
Tél : 04 74 83 34 55
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.