Trame verte et bleue

La trame verte et bleue : de quoi s'agit-il ?

Afin d'enrayer l'érosion globale et rapide de la biodiversité et la régression des milieux naturels, la France propose en 2004 une stratégie nationale pour la biodiversité, répondant aux enjeux affichés à l'échelle internationale lors du Sommet de la Terre à Rio en 1992 ou dans la stratégie paneuropéenne adoptée en 1995 pour la protection de la diversité biologique et paysagère.

 

La réponse à la fragmentation des habitats et la perte de biodiversité : les corridors écologiques

Le développement de l’urbanisation, d’infrastructures linéaires et de pratiques de gestion des ressources naturelles défavorables à la biodiversité entraîne une importante réduction des surfaces et une forte fragmentation des habitats naturels. Le cantonnement de populations animales ou végétales dans un site de trop faible surface entraîne consanguinité, sensibilité accrue aux agressions (forte prédation, maladies, manque de nourriture, événement climatique défavorable...), pouvant conduire à leur extinction locale. Quant à la fragmentation des milieux, elle accentue les difficultés de déplacement des espèces et peut empêcher la recolonisation d’un habitat trop isolé.

Ci-dessous le film de restitution du colloque international sur les corridors écologiques qui s'est tenu à Divonne les Bains les 30 et 31 mars 2015 :

film-colloque-corridors-divonne

 

Ainsi, le maintien des capacités de déplacement des espèces apparaît comme une condition essentielle à la préservation de leurs populations. L’approche « traditionnelle » de la protection de la nature évolue donc vers une démarche plus globale qui s’appuie sur la notion de « réseau écologique ». Il ne s’agit plus uniquement de préserver des « îlots » de nature remarquable, mais également de préserver la qualité des milieux accueillant des espèces plus communes ainsi que de préserver et de restaurer les connexions entre ces sites, les fameux corridors écologiques.

La Stratégie Nationale pour la Biodiversité introduit ainsi le concept de Trame Verte et Bleue, développé par la suite dans le cadre des travaux du Grenelle de l'environnement.

La loi « Grenelle II » n° 2010-788 du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l'environnement introduit :

  • la Trame Verte et Bleue (TVB) dans le code de l'environnement (article L. 371-1 et suivants) avec sa définition, ses objectifs, le dispositif de la TVB et le lien avec les Schémas Directeurs d'Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) ;
  • les continuités écologiques dans le code de l'urbanisme (articles L. 121-1, L. 122-1, L. 123-1 et suivants), avec des objectifs de préservation et de remise en bon état des continuités écologiques.

La Trame Verte et Bleue constitue un réseau de continuités écologiques terrestres et aquatiques, indissociables de par l'importance de leurs zones d'interface : zones humides, végétation de bords de cours d'eau... Elle est l'assemblage de trois composantes complémentaires :

- des réservoirs de biodiversité, espaces où la biodiversité, rare ou commune, menacée ou non, est la plus riche ou la mieux représentée ;

- ... reliés de manière fonctionnelle par des corridors écologiques, offrant aux espèces des conditions favorables à leur déplacement et à l'accomplissement de leur cycle de vie. Les corridors écologiques peuvent être linéaires, discontinus ou paysagers.

- ... et la « trame bleue » qui désigne les réservoirs de biodiversité et les corridors écologiques aquatiques. Elle intègre certains cours d’eau, lacs, zones humides... Elle doit contribuer à garantir la libre circulation des espèces piscicoles mais également à atteindre le bon état écologique des masses d’eau et assurer un transport suffisant des sédiments, nécessaire au bon fonctionnement des écosystèmes aquatiques.

 

Le film d'animation issu de l'exposition créée par le Conservatoire d'Espaces Naturels de Savoie en 2012 sur les corridors biologiques Bauges-Chartreuse-Belledonne illustre de manière interactive les enjeux et le concept de Trame Verte et Bleue :

film-corridors-biologiques

 

 

La Trame verte et bleue, un outil alliant préservation de la biodiversité et aménagement du territoire

L'ambition première est d'enrayer la perte de biodiversité. La Trame verte et bleue est un outil destiné à favoriser les déplacements et les capacités adaptatives des espèces et des écosystèmes en limitant la fragmentation de ces derniers, en résorbant les freins et barrières aux échanges entre réservoirs de biodiversité. Elle vise donc à les reconnecter tout en facilitant leur redistribution géographique dans un contexte de changement climatique.

Le naturaliste Pierre BAUMGART explique la problématique de déplacement des espèces, à différentes échelles :

arteres-nature

 

La trame verte et bleue constitue en outre un outil dans l'aménagement du territoire : en effet, il ne s'agit plus d'opposer la conservation de la nature et le développement des territoires, mais de les penser ensemble. Cette profonde mutation dans le regard porté sur les territoires traduit une prise de conscience récente des multiples services rendus par les écosystèmes au maintien de l'activité économique et au bien-être des populations : qualité des eaux, pollinisation, prévention des inondations, amélioration du cadre de vie, etc.

 

Dans sa plaquette Prendre en compte les corridors biologiques de novembre 2008, le Département de l'Isère sensibilise les aménageurs (élus locaux, services de l'Etat, sociétés d'autoroutes, architectes, bureaux d'étude, etc.) à l'importance des corridors en matière de gestion de l'espace, des moyens techniques disponibles et des procédures à suivre. Il illustre aussi la possibilité pour chaque Isérois de participer, dans son environnement quotidien, à cet exercice concret de protection et de respect de la nature qui l'entoure.

  prendre-compte-corridors  concilier-routes-environnement

En septembre 2009, le Département publie cette autre brochure Concilier routes et environnement destinée au grand public, aux techniciens et usagers, qui montre qu'il est possible de réduire l'impact écologique des infrastructures routières. Quelques exemples : arrêt de l’usage des pesticides en bord de voiries, fauche adaptée pour la flore protégée sur les talus, pose de nichoirs à oiseaux et chauves-souris sous les ponts, déconstruction et recyclage des voiries abandonnées, abandon des épareuses déchiquetant les haies de bordures, prise en compte des corridors biologiques avec réalisations de passages à petite faune et de passerelles à écureuils, etc.

Vers La déclinaison territoriale de la Trame verte et bleue.

 

Syndicat Mixte d’Aménagement du Bassin de la Bourbre
6 place Albert Thévenon - 38110 La Tour-du-Pin
Tél : 04 74 83 34 55
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